Affichant aujourd’hui un âge moyen de 30 ans, les installations de production nucléaires sont aujourd’hui au centre d’un ambitieux programme, baptisé “grand carénage”, destiné à prolonger leur durée de vie au-delà de 40 ans.

Ce programme, mené par EDF, va nécessiter un investissement colossal de plus de 50 milliards d’euros d’ici 2025.

Le projet grand carénage répond à deux problématiques distinctes :

  • La première est liée à la volonté d’EDF de poursuivre l’exploitation de ses réacteurs au-delà de 40 ans, la durée techniquement prévue. Pour cela, il doit soumettre ses installations à d’importants travaux de modernisation et de remplacement de matériels lourds (générateurs de vapeur, alternateurs, transformateurs, etc).
  • La deuxième raison de ce grand carénage est le retour d’expérience de la catastrophe de Fukushima. La doctrine nucléaire française préconise de tirer profit des accidents rencontrés par cette industrie pour élever continuellement les standards de sûreté.

La réalisation du programme de maintenance du parc nucléaire d’EDF atteindra les 100 milliards € entre 2014 et 2030, soit 1,7 md € en moyenne par réacteur.

Un quart de l’enveloppe concerne des dépenses d’exploitation (25 mds €) et les trois autres quarts, des dépenses d’investissement (75 mds €).

Face à ces forts enjeux techniques, la politique d’externalisation d’EDF s’accentuera pour les 10 prochaines années. Le Groupe ARKADIA, déjà présent sur la plupart des centrales nucléaires, tiendra un rôle majeur d’assistant maître d’ouvrage sur ce programme.

Cette problématique des compétences est centrale pour EDF car chaque réacteur à l’arrêt représente un manque à gagner considérable. Une baisse du niveau général des compétences risquerait donc d’allonger les délais et de réduire le taux de disponibilité des réacteurs, l’un des indicateurs fondamentaux de l’entreprise. Il se situait en 2014 à 81%, soit mieux que l’année précédente, mais moins qu’en 2006 (84%). En 2013, la perte de production due à la prolongation des arrêts de tranches a pu être estimée à près de 800 millions d’euros.

Focus Paluel, Nogent-Sur-Seine et Cattenom

L’objectif est également d’intégrer de nouvelles normes de sûreté et de renforcer encore plus le niveau de performance des centrales françaises.

C’est sur le site de la centrale nucléaire de Paluel qu’EDF a lancé son opération de maintenance lourde. Pendant plus de 8 mois, le réacteur 2 de la centrale normande va être au cœur d’un chantier d’envergure qui vise à lui donner une seconde jeunesse. C’est le premier réacteur de 1.300 MW du parc français a faire l’objet de ce type de travaux.

La centrale de Nogent fait partie d’un programme industriel de long terme pour pérenniser et sécuriser son activité. En 2014, 35 millions d’euros ont été investis sur le site. Un projet sur cinq ans a été validé, il préparera la centrale aux deux visites décennales (une par réacteur) en 2019 et 2020. A terme, la centrale espère obtenir un allongement de son autorisation d’exploitation de 10 ans.

Forte d’une production record pour l’année 2014 (36,1 TWh, soit environ 8% de l’électricité produite par EDF en France), la centrale nucléaire de Cattenom devrait bénéficier dans les prochaines années d’un programme complet de rénovation et de modernisation de ses équipements.

La visite décennale de la tranche 1, prévue à l’été 2016, sera l’occasion d’entamer une phase de travaux sans précédent conduisant normalement au prolongement de son activité pour dix ans supplémentaires. Des travaux de maintenance validés par l’autorité de sûreté nucléaire et qui laisseront place progressivement à des chantiers plus importants tout au long de la décennie à venir. Au total, c’est plus d’un milliard d’euros qui devrait être investi sur la période 2016-2025. En plus de la visite décennale, l’usine prépare deux visites partielles d’unités en 2016, et continue de mettre en oeuvre son programme “post-Fukushima” qui vise à optimiser encore davantage la sûreté de la centrale.